Trouble du spectre de l'autisme (TSA) : le guide tout-en-un
Le terme « autisme » n'a plus le même sens qu'autrefois. À l'origine, en 1911, un psychiatre allemand nommé Eugen Bleuler utilisait le terme « autisme » pour décrire un ensemble sévère de symptômes de la schizophrénie. Cette idée fausse a perduré jusqu'à...
Le terme « autisme » n'a plus le même sens qu'autrefois. À l'origine, en 1911, un psychiatre allemand nommé Eugen Bleuler utilisait le terme « autisme » pour décrire un ensemble sévère de symptômes de la schizophrénie. Cette idée fausse a perduré jusqu'aux années 1960, lorsque la psychologie de l'enfant est devenue une science.
Guide sur le trouble du spectre de l'autisme :
- Parmi les mythes courants sur le TSA, on retrouve :
- Reconnaître les signes précoces du trouble du spectre de l'autisme
- Les signes précoces de l'autisme
- La régression du développement
- Diagnostiquer le TSA
- Les causes de l'autisme
- L'hérédité de l'autisme
- Le TSA et l'hyperémèse gravidique
- Thérapies et outils pour l'autisme
- La thérapie par le jeu Floortime
- Objectifs d'IEP pour l'autisme
- Le modelage vidéo et l'autisme
- L'autisme et la parole
- Le TSA et le retard de parole
- L'autisme non verbal
- Façons d'encourager le développement de la parole à la maison
- Le PECS et l'autisme
- Comment personnaliser le PECS pour votre enfant
- Les comportements d'autostimulation (stimming)
- L'autostimulation orale
- Troubles sensoriels
- Synesthésie et autisme
- Aversions alimentaires et autisme
- Ressources, livres et magazines sur l'autisme pour les parents
Aujourd'hui, le terme d'autisme est désigné sous le nom de trouble du spectre de l'autisme (TSA). Il est utilisé pour décrire un trouble neurodéveloppemental complexe affectant la communication et les compétences sociales, qui apparaît dès l'enfance. Lorsqu'on parle de TSA, il est essentiel de démêler les mythes de la réalité concernant ce trouble du développement.
Bienvenue dans notre série de guides « tout-en-un » réunissant nos rédacteurs autour d'un sujet important exploré en profondeur sur notre blog. Ce guide examine ce que les parents doivent savoir sur le trouble du spectre de l'autisme (TSA). Vous pouvez télécharger l'intégralité du guide sous forme d'e-book ici :
Parmi les mythes courants sur le TSA, on retrouve :
L'autisme se guérit.
- Fait : L'autisme ne se guérit pas. Il s'agit d'un trouble du développement qui dure toute la vie.
Les personnes autistes ne peuvent pas mener une vie autonome et réussie.
- Fait : Les personnes autistes peuvent mener une vie épanouie, heureuse et réussie avec l'aide de l'orthophonie et de l'ergothérapie.
La cause de l'autisme réside dans une mauvaise éducation parentale.
- Fait : Il n'existe aucune cause unique connue à l'autisme. Les études suggèrent que le développement de l'autisme débute avant la naissance.
Les personnes autistes ne parlent pas.
- Fait : L'autisme est complexe. Certaines personnes développent la parole normalement, tandis que d'autres communiquent grâce à une combinaison de mots, de gestes et d'outils de communication.
Ces idées fausses courantes sur l'autisme montrent bien la nécessité d'une sensibilisation. C'est pourquoi le mois d'avril est le Mois de sensibilisation à l'autisme. Pour mieux comprendre ce trouble du développement, les parents doivent savoir reconnaître ce trouble qui touche 1 enfant sur 110.
Reconnaître les signes précoces du trouble du spectre de l'autisme
L'autisme est un trouble complexe dans lequel deux enfants ou adultes ne présentent jamais exactement les mêmes signes et symptômes. C'est également un trouble qui touche différents domaines de la vie d'une personne. Alors qu'un domaine peut être fortement impacté, un autre peut ne manifester aucun signe d'autisme. Par exemple : un enfant peut avoir des difficultés sensorielles, mais être tout à fait capable de participer à une conversation fluide dans les deux sens.
Les signes précoces de l'autisme
https://www.youtube.com/watch?v=z7NeBs5wNOA
Sur le plan social
- Incapacité à autoréguler ses émotions
- Difficulté à s'adapter à un nouvel environnement
- Ne peut se concentrer que sur une seule tâche à la fois
- Ne répond pas correctement aux questions ou ne répond pas du tout
- N'arrive pas à communiquer dans un échange bidirectionnel
- Difficulté à entrer en relation avec les autres
Langage
- Perte de compétences langagières précédemment acquises autour de l'âge de trois ans
- Les premiers mots sont des noms communs (objets) au lieu de noms propres (prénoms) et de verbes (actions)
- Les gestes et expressions non verbaux tardent à apparaître la première année (faire au revoir de la main ou pointer du doigt)
- Répète les mots immédiatement après les avoir entendus. C'est ce qu'on appelle l'« écholalie ». L'écholalie différée existe également : l'enfant répète des mots entendus des heures, des jours ou des semaines plus tôt.
- Contact visuel limité avec les autres
- La parole peut sembler robotique et les mots peuvent manquer de fluidité
- Ne comprend pas les normes sociales de communication, comme le volume de la voix ou le fait de couper la parole
- Difficulté à comprendre l'humour ou le sarcasme
- Besoin impérieux de structure et de prévisibilité
- Peu ou pas de sentiment de peur
- Incapacité à planifier ou à organiser des tâches
- Faibles capacités de résolution de problèmes
- N'utilise pas les jouets de manière appropriée ou pour l'usage prévu
- Jeu répétitif
Comportement et régulation émotionnelle
- Incapacité à gérer les changements de routine
- Difficulté à appliquer les compétences acquises
- Utilise les objets de façon inhabituelle ou développe un attachement envers certains objets ou jouets
- Comportements d'autostimulation (se balancer, mâchonner, battre des mains)
- Façons inhabituelles d'exprimer ses émotions (comportement agressif, crises de décompensation, colères, fuite)
- Schémas répétitifs et rigides dans le jeu, les centres d'intérêt et le comportement
- Difficultés à s'autogérer
Aspects sensoriels et alimentation
- Réactions excessives ou insuffisantes aux stimuli environnementaux comme la lumière, les bruits et les situations sociales
- Joue seul
- Très sélectif dans ses choix alimentaires en raison de particularités sensorielles
- Préfère un nombre très restreint d'aliments
La régression du développement
Une régression du développement se produit lorsqu'un enfant perd une compétence acquise. Un tout-petit devenu propre se remet à avoir des accidents. Un enfant bavard se remet à babiller ou à utiliser des mots sans signification. Pour beaucoup d'enfants, une régression du développement n'est que temporaire et peut être le résultat de l'apprentissage d'une nouvelle compétence ou d'un changement de vie majeur.
Une régression du développement se produit lorsqu'un enfant perd une compétence acquise.
Mais pour certains enfants, il s'agit d'une régression due à l'apparition des symptômes de l'autisme. Durant la première année, de nombreux enfants chez qui l'on diagnostiquera plus tard un autisme se développent normalement. Il est tout à fait possible qu'un enfant de moins d'un an ne présente aucun signe d'autisme. Cependant, dès que l'enfant atteint l'âge de deux ans, de nombreux parents remarquent des signes d'autisme que l'enfant n'avait jamais manifestés auparavant.
Si un enfant connaît une régression du développement qui n'est pas liée à l'acquisition d'une nouvelle étape clé ni à un changement de vie important, une évaluation ou un dépistage de l'autisme doit être réalisé.
Diagnostiquer le TSA
Dès qu'un enfant montre des signes d'autisme ou une régression dans son développement, une évaluation pour un trouble du spectre de l'autisme (TSA) devrait être effectuée. Certains enfants reçoivent un diagnostic d'autisme dès l'âge de 18 mois. Pour la plupart des enfants, le diagnostic d'autisme est posé après l'âge de deux ans.
Bien que chaque enfant doive bénéficier d'un dépistage de l'autisme à 9, 18 et 24 ou 30 mois par un pédiatre, certains signes d'autisme peuvent néanmoins passer inaperçus. Certains enfants présentant un risque plus élevé de troubles du développement peuvent avoir besoin de consultations supplémentaires pour un dépistage plus approfondi.
Le processus de diagnostic de l'autisme se déroule en trois étapes.
Étape 1 : Le dépistage
Avant qu'un diagnostic ne soit posé, l'enfant doit passer un premier dépistage. Cette étape dure environ 15 minutes et comprend un échange ainsi qu'une observation des étapes et compétences acquises ou en retard chez l'enfant. Pour l'enfant, ce dépistage initial se fait sans stress. Tout ce qu'il a à faire, c'est jouer. Le médecin observera l'enfant et interagira avec lui à travers le jeu pour voir comment il parle, apprend et se comporte.

Étape 2 : Le pédiatre du développement
Si le médecin du dépistage initial estime que des évaluations complémentaires sont nécessaires, il orientera l'enfant vers un pédiatre du développement. Un pédiatre du développement est un médecin spécialisé dans le développement de l'enfant. Il est en mesure d'identifier une multitude de troubles comportementaux et développementaux chez les enfants.
Les pédiatres du développement peuvent également aider à :
- Défendre les aménagements scolaires et les services nécessaires
- Prescrire des médicaments
- Initier des bilans médicaux
- Assurer un suivi à long terme du développement de l'enfant dans le cadre des programmes éducatifs et de la gestion du comportement

Étape 3 : Une évaluation globale et approfondie
Après la consultation avec un pédiatre du développement, une évaluation complète et approfondie est menée. Cette évaluation globale est un processus plus poussé faisant intervenir un neuropédiatre, un orthophoniste et un psychologue pour enfants. L'ensemble de ces professionnels permettra de déterminer si l'enfant présente un autisme.
Pour déterminer si un enfant présente des signes d'autisme ou non, quatre tests sont couramment utilisés pour diagnostiquer le TSA :
- Autism Diagnosis Interview - Évalue un enfant ou un adulte dans trois domaines comportementaux majeurs (interactions sociales, communication/langage, et intérêts ou comportements restreints et répétitifs).
- Autism Diagnostic Observation Schedule - Examine l'interaction sociale, le jeu, la communication et la créativité de l'enfant avec le matériel.
- Childhood Autism Rating Scale (CARS) - Utilisée uniquement pour les enfants de plus de deux ans, elle analyse en profondeur le comportement, les aptitudes et les caractéristiques de l'enfant.
- Gilliam Autism Rating Scale - Adaptée au diagnostic chez les enfants de plus de trois ans, elle indique aux parents, aux enseignants et aux cliniciens la sévérité du trouble.
Les causes de l'autisme
Bien qu'il existe de nombreux mythes sur les causes de l'autisme, aucun facteur unique n'est reconnu comme responsable de l'autisme. La recherche scientifique montre plutôt que l'autisme est provoqué par une diversité de facteurs.
À ce jour, sept facteurs sont associés au développement de l'autisme chez l'enfant.

1. Le rôle de la génétique
Chaque famille a une probabilité de 1 sur 68, soit 1,5 % de chances, d'avoir un enfant autiste. Mais comme les membres d'une même famille partagent un patrimoine génétique similaire, les familles ayant déjà un enfant autiste ont un risque accru de 20 % d'avoir un autre enfant autiste. Ce risque grimpe ensuite à 30 % si la famille compte déjà deux enfants autistes ou plus.
Des chercheurs suédois ont découvert des liens entre les antécédents familiaux de troubles psychiatriques et neurologiques comme le TDAH, la schizophrénie ou la dépression, et la probabilité d'avoir un enfant autiste. Les résultats ont conclu :
- Les enfants dont l'un des parents ou un membre de la fratrie présente des troubles mentaux et neurologiques avaient un risque 4,7 fois plus élevé
- Les enfants ayant des antécédents familiaux de troubles mentaux et neurologiques présentaient un risque 7,6 fois plus élevé de développer un autisme associé à un handicap intellectuel.
D'autres études aboutissent à des résultats similaires, montrant une augmentation du risque d'autisme si un frère ou une sœur a un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou si un parent souffre de dépression, d'anxiété, de trouble bipolaire ou de schizophrénie.
2. Les complications à la naissance
L'American Journal of Perinatology a révélé que les enfants présentaient un risque accru de développer un autisme s'ils avaient subi des complications lors de l'accouchement. Les complications à la naissance présentant le lien le plus étroit avec l'autisme comprennent :
- La prééclampsie
- Le décollement placentaire
- Un accouchement en siège ou en présentation transverse
- Le manque d'oxygène pendant le travail (asphyxie périnatale)
- Le prolapsus du cordon ou cordon ombilical exposé
Bien qu'aucune complication obstétricale ne permette à elle seule de déterminer si un enfant sera autiste ou non, les recherches montrent que les enfants ayant connu ces complications présentent un risque plus élevé de développer un autisme.

3. Les anomalies génétiques
Bien que cela soit rare, la génétique peut jouer un rôle majeur dans le risque et le développement de l'autisme. Le syndrome de Rett et le syndrome de l'X fragile sont tous deux associés à un risque accru de développer un autisme.
Cependant, il convient de noter que ces deux troubles sont extrêmement rares et résultent de mutations génétiques.
4. L'âge avancé des parents
Des études de recherche menées au Danemark, en Israël, en Suède et en Californie ont révélé que les hommes de plus de 40 ans avaient six fois plus de risques d'avoir un enfant autiste. Les chercheurs supposent que les hommes qui ont des enfants après 40 ans pourraient présenter des traits autistiques ayant retardé l'établissement de relations amoureuses et la parentalité.
D'autres études ont abouti à des résultats différents susceptibles de remettre en cause cette hypothèse. Bien que le fait de naître de parents plus âgés ne puisse être exclu comme facteur contributif, cela reste une théorie sans preuves indiscutables à l'appui.
5. Un faible poids de naissance
Un faible poids de naissance correspond à un poids inférieur à 2,5 kg (5,5 livres). Lorsqu'un enfant naît avec un faible poids et/ou prématurément, il peut avoir manqué d'une croissance fœtale adéquate pour soutenir son développement. Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) ont constaté que les enfants nés à moins de 2,5 kg présentaient un risque d'autisme multiplié par 2,3. La même étude a également révélé que les filles nées avec un poids insuffisant avaient un risque d'autisme multiplié par 3.

6. L'exposition à des toxines environnementales
Les métaux lourds et les toxines environnementales sont parfois soupçonnés de faire partie des facteurs contribuant à l'autisme. Mais il ne s'agit que d'une théorie. À ce jour, aucune recherche concluante ne vient étayer cette hypothèse.
Le Children’s Environmental Health Center répertorie 10 toxines et produits chimiques courants suspectés de favoriser l'autisme. Par conséquent, les femmes enceintes devraient limiter leur exposition aux 10 polluants environnementaux suivants :
- Composés perfluorés
- Perturbateurs endocriniens
- Méthylmercure
- Plomb
- Pesticides organophosphorés
- PCB (polychlorobiphényles)
- Pesticides organochlorés
- Ignifugeants bromés
- Plomb
- Gaz d'échappement automobiles
7. Les infections virales
Selon des recherches de l'American Society for Microbiology, les femmes enceintes ayant une infection active voyaient leur risque d'avoir un enfant autiste doubler. Plus précisément, des études ont mis en évidence un lien entre certaines infections virales et le développement de l'autisme.
Ces six infections virales contractées pendant la grossesse doublent le risque pour une femme d'avoir un enfant autiste :
- Cytomégalovirus
- Rougeole
- Virus d'Epstein-Barr
- Rubéole
- Herpèsvirus humain 6
- Virus de l'herpès simplex 1 et 2
La science s'oriente vers une combinaison de facteurs biologiques et environnementaux qui contribuent à l'apparition de l'autisme. Pas seulement un facteur unique. Grâce aux progrès de la recherche sur les causes, l'enjeu est de découvrir la combinaison spécifique de différents facteurs qui influence directement le développement de l'autisme.
https://www.youtube.com/watch?v=wKlMcLTqRLs
L'hérédité de l'autisme
Puisque nous savons que la génétique peut jouer un rôle dans le débat sur les causes de l'autisme, il est important d'aborder certaines caractéristiques communes relatives à l'hérédité et au diagnostic d'autisme.
- Les personnes ayant un membre de leur famille autiste sont plus susceptibles de recevoir également un diagnostic
- Les garçons sont plus souvent diagnostiqués autistes que les filles
- Les enfants vaccinés et non vaccinés présentent exactement le même risque de recevoir un diagnostic d'autisme
- Les enfants nés de parents plus âgés ont tendance à présenter un risque accru d'autisme
- Les prématurés nés avant 26 semaines présentent un risque plus élevé d'autisme
Bien qu'il n'y ait pas de cause unique et déterminée à l'autisme, de nombreux professionnels spécialisés dans le diagnostic et l'accompagnement de l'autisme estiment que la génétique et l'environnement jouent un rôle conjugué. On pense que d'autres gènes peuvent influencer le développement cérébral de l'enfant ou la communication entre ses cellules cérébrales. Il se pourrait également que des gènes précis déterminent l'intensité, légère ou sévère, des symptômes de l'autisme.
Bien qu'il ne s'agisse que d'hypothèses encore discutées, le rôle de la génétique, de l'hérédité et de l'environnement constitue un ensemble de facteurs clés pour comprendre la cause potentielle de l'autisme.
Pour en savoir plus sur le rôle de l'hérédité, lisez l'article L'autisme… est-il héréditaire ?
Le TSA et l'hyperémèse gravidique
En plus de l'examen de la génétique et de l'environnement, le lien débattu entre hyperémèse gravidique et autisme mérite également d'être étudié comme cause possible. L'hyperémèse gravidique est plus communément appelée nausées et vomissements sévères de la grossesse. Elle se caractérise par des vomissements et des nausées excessifs. On pense que ces nausées sévères sont dues aux variations hormonales et aux taux élevés d'hCG (gonadotrophine chorionique humaine) en début de grossesse.
Bien que la cause exacte de l'hyperémèse gravidique demeure inconnue, les symptômes apparaissent généralement entre 4 et 6 semaines de grossesse. De nombreuses femmes enceintes constatent un apaisement des symptômes autour de 14 à 20 semaines. Cependant, 20 % des femmes nécessitent encore une prise en charge médicale pour des nausées sévères tout au long de leur grossesse.

L'hyperémèse gravidique est plus connue sous le nom de nausées et vomissements sévères de la grossesse. Elle se caractérise par des nausées et des vomissements excessifs.
Dans une étude récente, le Southern California Research and Evaluation Center a découvert que les femmes enceintes atteintes d'hyperémèse gravidique avaient 53 % de risques supplémentaires d'avoir un enfant diagnostiqué avec un trouble du spectre de l'autisme. L'étude a également montré que :
- Les mères chez qui l'hyperémèse gravidique a été diagnostiquée aux premier et deuxième trimestres présentaient un risque accru d'avoir un enfant autiste, mais aucun risque accru n'a été observé pour les mères diagnostiquées au troisième trimestre
- La sévérité de l'hyperémèse gravidique n'augmentait pas le risque d'autisme
- Le lien entre hyperémèse gravidique et autisme était plus marqué chez les filles que chez les garçons, et plus prévalent chez les personnes caucasiennes et hispaniques que chez les insulaires du Pacifique et les personnes afro-américaines
- Les médicaments utilisés pour traiter l'hyperémèse gravidique n'étaient pas associés au développement de l'autisme
Une autre étude menée en 2018 par le Telethon Kids Institute a révélé que les femmes enceintes présentant des taux d'hCG anormalement élevés ou bas avaient un risque plus grand d'avoir un enfant autiste.
Bien que ces deux études aient mis en évidence un lien entre le risque d'autisme et l'hyperémèse gravidique, cela ne signifie pas que les nausées sévères de grossesse soient la cause de l'autisme. D'autres recherches sont nécessaires pour identifier ou écarter les causes de l'autisme, y compris l'impact de la sévérité des nausées matinales durant la grossesse.
Thérapies et outils pour l'autisme
Lorsque votre enfant reçoit un diagnostic de TSA, il peut être bouleversant de penser à l'enchaînement des rendez-vous médicaux, aux thérapies et aux aménagements à la maison. Cependant, l'avantage majeur des prises en charge de l'autisme est qu'il n'existe pas de « solution unique ». Une thérapie donnée ne convient pas à tous les enfants. C'est pourquoi les différentes approches thérapeutiques sont personnalisées afin de répondre aux besoins spécifiques de votre enfant. Dans l'accompagnement des enfants autistes, trois thérapies sont couramment employées.
1. Applied Behavior Analysis (analyse appliquée du comportement)
Ce type de thérapie est particulièrement adapté aux enfants chez qui un autisme a été diagnostiqué avant l'âge de cinq ans. L'analyse appliquée du comportement est souvent considérée comme la référence pour l'accompagnement de l'autisme, car elle modifie les comportements inadaptés et renforce les comportements positifs grâce à un système de récompenses et de conséquences. Le thérapeute peut souhaiter observer et accompagner l'enfant en crèche, à la maison ou au parc, là où les comportements difficiles se manifestent habituellement.

Si un « cadre naturel » est utilisé pour modifier des comportements tels que les crises et les colères, il sert aussi à renforcer ou à enseigner des compétences d'imagination ou d'empathie au moyen de récompenses. Cette approche est très efficace pour gérer les comportements difficiles, mais il s'agit d'une thérapie intensive qui requiert souvent 20 à 40 heures par semaine.
2. Relationship Development Intervention (RDI)
Cette thérapie met l'accent sur la pensée critique, les compétences en communication et les interactions sociales avec les personnes les plus proches de l'enfant. Plutôt que de cibler uniquement l'enfant, le RDI implique directement ses proches (parents et enseignants).
L'implication des parents est la clé de voûte de cette approche ! Vous devenez le thérapeute de votre enfant. Bien qu'il s'agisse d'une méthode récente, le RDI donne des résultats prometteurs. Pour favoriser les progrès de votre enfant avec le RDI, vous devez être en contact régulier avec un consultant du programme et suivre une formation approfondie comprenant des vidéos explicatives et des conférences.

Le Relationship Development Intervention repose sur six objectifs :
- Le référencement émotionnel : apprendre à partir des expériences émotionnelles d'autrui
- La coordination sociale : observer et réguler son comportement pour s'engager dans les situations sociales
- Le langage déclaratif : utiliser la communication non verbale et le langage pour exprimer sa curiosité, faciliter l'interaction, partager des sentiments et des pensées, et coordonner ses actions avec les autres
- La flexibilité de la pensée : s'adapter et modifier ses plans face aux imprévus
- Le traitement de l'information relationnelle : résoudre des problèmes sans réponse évidente et gérer des situations qui n'ont pas de solution binaire « bonne ou mauvaise »
- Rétrospection et anticipation : réfléchir aux expériences passées et anticiper les situations à venir en s'appuyant sur ces acquis
3. La thérapie d'intégration sensorielle
La thérapie d'intégration sensorielle vise avant tout à diminuer les hypersensibilités sensorielles, qu'il s'agisse de la lumière, des textures, du bruit ou du toucher. Cette approche repose principalement sur le jeu et se concentre sur les éléments auxquels votre enfant est le plus sensible. Par exemple, si un enfant présente une hypersensibilité tactile, le thérapeute interagira avec lui en touchant le dos de sa main avec différentes matières, afin de le désensibiliser progressivement au fil du temps. L'intégration sensorielle est une branche de l'ergothérapie, et des études montrent qu'il s'agit d'une intervention efficace pour les enfants autistes âgés de 4 à 12 ans.

En parallèle de la thérapie d'intégration sensorielle, votre enfant peut également avoir besoin d'orthophonie. L'objectif principal de l'orthophonie est de développer la communication et l'interaction sociale. Les orthophonistes aident l'enfant à communiquer grâce à des outils de communication vocale électronique, la langue des signes, des tableaux d'images, le développement des compétences sociales et pragmatiques, ainsi que le travail sur les sons et les comptines. Tous ces éléments sont fondamentaux pour aider un enfant à enrichir sa communication verbale et non verbale.
La thérapie par le jeu Floortime
Une autre méthode thérapeutique employée par les ergothérapeutes et les orthophonistes est la thérapie par le jeu Floortime. Cette approche cherche à s'appuyer sur les forces de l'enfant en se mettant à son niveau de jeu. Au lieu de diriger l'enfant dans une activité imposée, c'est l'enfant qui mène chaque étape du jeu.
La thérapie par le jeu Floortime repose sur six étapes clés :
- L'autorégulation et l'intérêt pour le monde qui l'entoure
- La pensée émotionnelle
- Les idées émotionnelles
- La communication interactive dans les deux sens
- La communication complexe
- L'intimité et l'engagement relationnel
Pour atteindre ces étapes, le thérapeute ou le parent interagit avec l'enfant en suivant ses initiatives dans un environnement calme. Si l'enfant joue par terre avec des petites voitures, le thérapeute ou le parent s'assoit au sol et joue avec lui. Ces séances de jeu durent généralement de deux à cinq heures par jour.

Avec le temps, les échanges entre le thérapeute et l'enfant deviennent plus complexes. Par exemple, pendant que l'enfant joue avec une voiture, on introduit des petits avions en ajoutant des éléments de langage pour inventer une histoire. Le jeu Floortime encourage votre enfant à répondre aux questions et à interagir avec le thérapeute.
En 2011, des chercheurs indépendants en Thaïlande et au Canada ont découvert que la thérapie par le jeu Floortime « améliorait significativement le développement émotionnel et réduisait les symptômes cardinaux de l'autisme ».
En savoir plus sur la thérapie par le jeu Floortime
Objectifs d'IEP pour l'autisme
Puisque l'essentiel de la prise en charge de votre enfant reposera sur l'orthophonie, vous vous interrogez peut-être sur les objectifs de communication et de langage pour un enfant sur le spectre de l'autisme. Ces objectifs s'appliquent non seulement en orthophonie, mais aussi dans le cadre de l'IEP de votre enfant (programme d'enseignement individualisé). Les objectifs présentés ci-dessous ne sont que des exemples. Chaque enfant autiste ayant des besoins uniques, les objectifs d'IEP de votre enfant lui seront entièrement spécifiques.
L'attention conjointe
L'attention conjointe désigne la capacité de l'enfant à partager son attention sur un même objet ou événement avec autrui. Cela s'avère essentiel lors de l'entrée à l'école. Votre enfant doit être capable de coordonner son attention. Bien que de nombreux enfants autistes rencontrent des difficultés avec l'attention conjointe, son IEP peut cibler des aspects bien précis de cette compétence.
Voici quelques objectifs d'attention conjointe pour l'IEP de votre enfant :
- Répondre à la voix de l'enseignant
- Manifester sa compréhension à la fois par le contact visuel et par des gestes
- Être capable de reconnaître et de décrire ses propres émotions et celles d'autrui
La réciprocité sociale
La réciprocité sociale est indispensable pour interagir avec les autres. Elle implique un échange mutuel et continu entre deux personnes. Les enfants avec un trouble du spectre de l'autisme rencontrent souvent des difficultés de réciprocité sociale, telles qu'initier une interaction, répondre aux sollicitations d'autrui, maintenir une conversation ou respecter le tour de parole.
Pour aider votre enfant à développer la réciprocité sociale, voici quelques pistes d'objectifs pour un IEP :
- Maintenir les interactions
- Engager la conversation
- Garder le fil d'un sujet de discussion
- Reconnaître et tenter de surmonter les ruptures de communication
Objectifs langagiers et cognitifs associés
Le langage ne se limite pas à la parole. C'est aussi comprendre et utiliser la langue à travers la communication verbale et non verbale. Pointer du doigt, faire signe de la main et les expressions du visage sont autant d'exemples de communication non verbale.
Voici quelques exemples d'objectifs langagiers et cognitifs associés pour l'IEP de votre enfant :
- Utiliser des gestes
- Tourner les pages d'un livre en pointant les images du doigt
- Associer mots et gestes pour exprimer ses intentions
- Résolution de problèmes
- Comprendre la chronologie des événements (suites logiques dans les histoires, ordre des lettres de l'alphabet)
- Employer et combiner les mots de manière inventive
Régulation comportementale et émotionnelle
Ce domaine d'objectifs de l'IEP demeure l'un des plus complexes à maîtriser pour les enfants autistes. La régulation comportementale et émotionnelle implique de comprendre ses émotions, de les analyser, d'exprimer ses ressentis et de faire face aux émotions difficiles.
Voici quelques exemples d'objectifs de régulation comportementale et émotionnelle pour un IEP :
- Demander une activité apaisante en cas de contrariété
- Exprimer ses émotions
- Mettre des mots sur les transitions entre deux activités
- Percevoir et anticiper les comportements sociaux d'autrui pour autoréguler son propre comportement
En savoir plus sur les objectifs d'IEP et l'autisme
Le modelage vidéo et l'autisme
Le modelage vidéo est une autre méthode d'intervention thérapeutique. Cependant, le modelage vidéo a vu le jour dès 1982 grâce à Steinborn et Knapp, qui ont combiné entraînement comportemental et cadre scolaire pour enseigner les règles de sécurité piétonne et routière à des enfants sur le spectre de l'autisme.
Aujourd'hui, le modelage vidéo est considéré comme une méthode incontournable pour développer les compétences sociales et accompagner les retards de parole dans l'autisme. Cette approche a franchi un nouveau cap grâce aux découvertes scientifiques sur les neurones miroirs.

Les neurones miroirs sont des cellules sensorimotrices du cerveau qui s'activent lorsque…
- Une personne accomplit une action
- Elle voit une autre personne accomplir la même action
Ce type de neurones serait étroitement lié aux comportements sociaux, en particulier à l'empathie et à l'imitation, offrant un éclairage précieux sur la cognition sociale humaine. Afin de tirer parti des neurones miroirs, le modelage vidéo est utilisé pour développer les compétences sociales des enfants autistes. Speech Blubs pousse le modelage vidéo encore plus loin en montrant des enfants modèles qui s'expriment et illustrent des comportements et des compétences. Pour pratiquer le modelage vidéo, il suffit à votre enfant de regarder les vidéos de Speech Blubs et de reproduire le mot ou le geste montré par les autres enfants.
L'application Speech Blubs et le modelage vidéo apporteront à votre enfant les bienfaits suivants :
- Prendre confiance pour reproduire les gestes appris et s'exprimer dans la vie quotidienne
- Apprendre plus rapidement en observant d'autres enfants accomplir ces gestes
- Mieux mémoriser les apprentissages grâce à des activités et des jeux ludiques
En savoir plus sur la science des neurones miroirs, le modelage vidéo et l'autisme
L'autisme et la parole
Un trouble de la parole touchant 65 % des enfants autistes est la dyspraxie verbale (apraxie de la parole). Bien qu'il existe de nombreuses formes d'apraxie, la dyspraxie verbale affecte directement la coordination de la langue, des lèvres, de la bouche et de la mâchoire pour produire des sons de parole clairs. En plus de rendre les mots difficiles à comprendre, un même mot peut être prononcé différemment à chaque tentative, ce qui entraîne une grande variabilité. Lorsqu'un enfant présente des signes de trouble de la communication, il peut être difficile de déterminer si ces difficultés relèvent de la dyspraxie verbale ou de l'autisme. C'est pourquoi un bilan orthophonique complet doit être réalisé.
Voici quelques aspects que l'orthophoniste examinera pour diagnostiquer une dyspraxie verbale :
- Erreurs sur les consonnes et les voyelles - L'enfant peut prononcer le même mot d'une façon différente à chaque fois.
- Difficultés à passer d'un son à l'autre ou d'une syllabe à l'autre - Cela se traduit par de longues pauses entre les mots et des difficultés à répéter une suite de mots.
- Accentuation inhabituelle de certains segments de la parole - L'enfant peut accentuer de manière égale toutes les syllabes d'un mot ou d'une phrase, ce qui donne un ton « monotone ou robotique ».

D'autres symptômes de la dyspraxie verbale pris en compte pour le diagnostic comprennent :
- Babillage très réduit pendant la petite enfance
- Difficultés à articuler et prononcer des mots longs
- Tentatives répétées et tâtonnements pour prononcer un mot
- Recours prédominant à la communication non verbale
- Omission de consonnes au début ou à la fin des mots
- Difficultés à former des mots
Lors du bilan de dyspraxie verbale, l'orthophoniste évaluera la motricité et le tonus bucco-facial de votre enfant. Pour cela, il lui demandera de sourire, de bouger la langue, d'avaler ou de lécher une sucette. L'évaluation portera également sur l'audition de votre enfant, sa capacité à écouter et suivre des consignes, ainsi que sur ses compétences en communication verbale et non verbale.
Pour aider votre enfant à développer ces compétences, voici 7 activités d'expression à la maison à tester dès aujourd'hui :
1. Montrez l'exemple en articulant bien
Prenez le jouet préféré de votre enfant, tenez-le tout près de votre bouche et prononcez le nom du jouet de façon claire et lente. Cela permet à votre enfant de bien observer les mouvements de vos lèvres et de votre bouche.

2. Variez ou amplifiez votre voix de façon amusante
C'est une excellente façon d'encourager l'imitation dans le jeu. Utilisez un rouleau d'essuie-tout vide ou une application de modification de voix pour produire des sons variés.
3. Proposez deux objets au choix
En tenant deux objets près de votre bouche, nommez-les clairement et demandez-lui lequel il préfère. Dès que votre enfant montre du doigt ou tente de prononcer un mot pour répondre, répétez le nom de l'objet choisi.
Par exemple : « Tu veux une pomme ou une orange ? »
Une fois que votre enfant pointe ou dit un mot, reformulez : « Tu veux l'orange. »

4. Mettez de l'enthousiasme dans votre intonation
Variez le ton de votre voix en insistant sur les sons au début et à la fin des mots. Cela captera l'attention de votre enfant et facilitera l'imitation.
5. Faites des bruitages
Ajoutez des bruitages et des onomatopées lors de la lecture d'histoires ou pendant les jeux au sol.
6. Répétez des « mots clés » dans des phrases simples
Privilégiez des mots clés simples et des phrases courtes, en accentuant bien ces mots essentiels. Si vous faites des bulles de savon, insistez sur des mots comme « bulle » ou « pop ».

7. Stimulez l'imitation grâce aux chansons
Utilisez la musique pour inciter votre enfant à imiter les mouvements de votre bouche. Choisissez des chansons à gestes entraînantes comme « Si tu as d'la joie au cœur » ou « L'araignée Gipsy ». Associez ces chansons aux gestes et mouvements correspondants.
En savoir plus sur la dyspraxie verbale et l'autisme
Le TSA et le retard de parole
Lorsqu'un enfant présente un retard de parole, les parents se demandent souvent si ce retard est lié à l'autisme. Bien qu'un retard de langage puisse être un signe d'autisme, les manifestations d'un simple retard de parole et celles de l'autisme sont très différentes. Si vous suspectez un retard chez votre enfant, il est important de consulter afin de confirmer ou d'écarter l'autisme comme cause sous-jacente.
Un orthophoniste peut identifier si votre enfant présente un retard de parole ou de langage, mais il ne peut pas poser de diagnostic d'autisme. Seul un pédiatre du développement ou un médecin spécialisé est habilité à diagnostiquer l'autisme. Pour vous aider à mieux distinguer le retard de parole et l'autisme, voici les signes et symptômes de chacun.

Signes et symptômes de l'autisme :
- Retard de parole
- Absence ou brièveté du contact visuel
- Facilement bouleversé par de légers changements dans la routine
- Réactions particulières à certains bruits, lumières, contacts physiques, odeurs ou saveurs
- Difficulté à comprendre les émotions d'autrui
- Intérêt exclusif pour un nombre restreint d'activités ou d'objets
- Comportements répétitifs tels que tourner sur soi-même ou se balancer
- Ne réagit pas à son prénom à l'âge de 12 mois
- Ne pointe pas du doigt des objets éloignés à l'âge de 14 mois
Signes et symptômes d'un retard de parole :
- Dire des mots simples de manière claire ou indistincte vers 12-15 mois
- N'utilise pas de gestes non verbaux comme pointer du doigt ou faire au revoir de la main à 12 mois
- Préfère communiquer par des gestes plutôt que par des mots vers 18 mois
- Difficultés à imiter les sons vers 18 mois
- Compréhension de mots simples vers 18 mois
- Difficultés à comprendre des consignes simples
- Se contente d'imiter des paroles ou des actions, sans produire de mots ou de phrases vers 2 ans
- Répète certains sons ou mots en boucle vers 2 ans
- Incapable d'utiliser le langage pour exprimer ses besoins vers 2 ans
- Incapable de suivre des consignes simples vers 2 ans
- Intonation de voix inhabituelle (rauque ou nasale) vers 2 ans
- Parle par phrases courtes vers 3 ans
- Raconte une histoire vers 4-5 ans
Pour en savoir plus sur les retards de parole, lisez l'article « Si mon enfant a un retard de langage, est-il forcément autiste ? »
L'autisme non verbal
Bien qu'il ne s'agisse pas d'un diagnostic officiel au sein du spectre de l'autisme, l'expression « autisme non verbal » est employée pour décrire tout enfant qui n'utilise pas la communication verbale. Environ 40 % des enfants autistes sont considérés comme non verbaux, et aucune cause spécifique n'est actuellement identifiée. Les préjugés associent souvent l'autisme non verbal à un faible niveau intellectuel. Pourtant, l'autisme non verbal n'est en aucun cas synonyme d'un manque d'intelligence.
En 2015, l'université de Cambridge a montré que les personnes présentant des traits autistiques sont plus enclines à s'orienter vers des carrières en technologie, en ingénierie, en sciences et en mathématiques. Autant de domaines qui exigent de grandes capacités intellectuelles. Une autre étude apporte des perspectives très encourageantes quant à l'évolution de la communication verbale chez les enfants autistes non verbaux.
L'autisme non verbal est utilisé pour décrire tout enfant qui n'utilise pas la communication verbale.
Le Center for Autism and Related Disorders a étudié les dossiers d'enfants autistes âgés de 8 à 17 ans. Tous les participants présentaient un retard de langage, étant soit non verbaux, soit limités à des mots ou expressions très simples.
L'étude a mis en évidence les résultats positifs suivants :
- 70 % des participants ont fini par s'exprimer avec des phrases simples
- 47 % des participants ont acquis une parole fluide
- La plupart des participants possédaient un QI plus élevé qu'estimé initialement
- Les comportements répétitifs (se balancer, tourner sur soi-même) et les intérêts spécifiques n'ont pas freiné le développement du langage
En savoir plus sur l'autisme non verbal
Façons d'encourager le développement de la parole à la maison
Si votre enfant présente un autisme non verbal, le travail avec un orthophoniste est essentiel pour développer sa communication. Il existe néanmoins des gestes simples que vous pouvez faire à la maison pour renforcer le développement de sa parole.
1. Misez sur la communication non verbale
Intégrez la communication non verbale en la modélisant pour votre enfant. Établissez davantage de contact visuel. Hochez la tête pour dire oui ou non. Pointez du doigt les objets dont vous parlez. L'apprentissage de ces repères non verbaux aide votre enfant à mieux exprimer ses besoins.

2. Raccourcissez vos phrases
Si votre enfant a du mal à suivre vos consignes, c'est peut-être en raison d'une attention de courte durée face à des phrases trop longues. Essayez de vous concentrer sur des « mots clés », de raccourcir vos phrases et d'utiliser des mots plus simples. Cela évitera à votre enfant d'être perdu.
Exemple : « Ne monte pas sur la chaise ! »
Raccourcissez par : « Assieds-toi, s'il te plaît. »
3. Imitez son comportement
Jouez avec votre enfant en reproduisant les sons ou les gestes qu'il produit. L'imitation est une étape essentielle du développement, et la recherche suggère qu'elle permet d'anticiper les progrès en langage. L'imitation permet de partager des émotions, de comprendre le tour de rôle, d'accroître l'attention et d'aider l'enfant à s'intéresser aux autres sur le plan social.
4. Utilisez des supports visuels
De nombreux enfants avec un autisme non verbal ont besoin de supports visuels pour mieux comprendre et exprimer leurs envies et leurs besoins. De nombreuses applications comme Speech Blubs stimulent le développement de la parole par l'imitation. Le système de communication par échange d'images (PECS) est également indispensable pour aider un enfant non verbal à exprimer ses besoins et ses souhaits.
5. Encouragez le jeu et les échanges sociaux
Les études démontrent que les enfants apprennent mieux le langage à travers des activités ludiques. Proposez des chansons, des jeux de rôle au tour à tour ou de petites bousculades douces. L'aspect le plus important dans le jeu est de vous placer à la hauteur des yeux de votre enfant.

6. Laissez à votre enfant le « temps » de s'exprimer
Les parents répondent parfois trop rapidement à la place de leur enfant ou enchaînent aussitôt avec une autre question. Cela ne laisse pas assez d'« espace » à votre enfant pour répondre. Même si un enfant non verbal répond par un geste, c'est déjà un acte de communication. Avec le temps, laisser un silence de 15 à 20 secondes entre vos questions peut lui permettre d'amorcer une réponse.
7. Suivez les centres d'intérêt de votre enfant
L'idéal est de suivre les centres d'intérêt de votre enfant et d'accorder votre attention à ce qu'il fait. S'il renverse des Legos sur le sol, dites « Renverser Lego » et participez à son jeu. Cela permet de nommer l'action et d'enrichir son vocabulaire grâce à des phrases courtes et des « mots clés ».
Pour découvrir d'autres activités adaptées à l'autisme non verbal, lisez 7 façons d'aider votre enfant avec autisme non verbal à parler
Pour découvrir le témoignage d'un parent sur le développement de la parole chez un enfant non verbal, lisez 4 façons d'aider un enfant avec autisme non verbal à s'exprimer
Le PECS et l'autisme
Le système de communication par échange d'images (PECS - Picture Exchange Communication System) permet aux enfants non verbaux de communiquer sans paroles. Pour les enfants autistes et ceux présentant d'autres troubles du développement, le PECS offre une « voix » pour exprimer leurs besoins et leurs envies. Depuis les années 1980, le PECS accompagne les enfants et leurs proches, à court comme à long terme, pour soutenir le développement du langage oral.
Les recherches ont montré que les enfants comprennent mieux les images après l'âge de trois ans. C'est pourquoi le PECS est recommandé à partir de trois ans. Comme pour tout outil visuel, l'objectif global du PECS est de développer la parole. Certains enfants franchissent avec succès les six phases du système et accèdent au langage verbal. D'autres continuent à utiliser ce support visuel pour exprimer des besoins et des désirs simples.
Le PECS donne aux enfants non verbaux une « voix » pour exprimer leurs besoins et leurs envies.
Pour que le système PECS fonctionne efficacement, l'enfant doit être un communicant « intentionnel ». Cela signifie qu'il éprouve le désir de transmettre un besoin. Un enfant communicant intentionnel pourra par exemple prendre un adulte par la main pour l'emmener vers l'objet qu'il désire.
Voici comment fonctionnent les 6 phases du PECS :
Phase 1 : Apprendre à communiquer
Cette phase aide l'enfant à exprimer ses besoins au moyen d'images, en utilisant des sources de motivation fortes comme son jouet préféré. Par exemple : si votre enfant adore les trains, utilisez l'image d'un petit train pour l'inciter à échanger l'image contre le train.
Phase 2 : Apprendre la persévérance et la distance avec l'image
La phase 2 s'appuie sur la première. L'enfant échange des images pour obtenir ce dont il a besoin, mais on intègre également la distance. L'enfant doit aller chercher une carte plus éloignée pour formuler sa demande.
Phase 3 : Faire des choix
Cette étape consiste à faire des choix. Deux images sont proposées, et l'enfant doit pointer ou tendre la carte de son choix. Cela fonctionne particulièrement bien avec des objets très motivants.

Phase 4 : Exprimer des sentiments et des besoins
Cette phase combine images et mots pour composer de courtes phrases. L'enfant associe les cartes « Je veux », « J'ai besoin » ou « Je ressens » à l'image de l'objet ou de l'émotion correspondante. Certains enfants s'arrêteront à la phase 4 du système PECS.
Phase 5 : Répondre à une question
La phase 5 s'appuie sur la phase 4 en utilisant les cartes pour répondre à des questions. L'enfant associe une amorce de phrase à une image pour donner sa réponse.
Phase 6 : Commenter une question
La phase 6 approfondit la phase 5 en apprenant à faire des commentaires en réponse à des questions.
Comment personnaliser le PECS pour votre enfant
Chaque enfant est différent. C'est pourquoi le PECS doit être personnalisé afin de répondre aux besoins, aux envies, aux goûts et aux aversions uniques de votre enfant. Pour personnaliser le PECS, vous pouvez soit acheter des cartes images préconçues, soit fabriquer les vôtres. Si vous les créez vous-même, gardez ces conseils en tête !

Conseils pour personnaliser le PECS de votre enfant :
- Concentrez-vous sur les besoins prioritaires - Ce sont les images dont votre enfant a le plus besoin pour communiquer. Si votre enfant a du mal à faire savoir qu'il a faim, privilégiez les cartes représentant la nourriture. Par exemple : des cartes illustrant le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner, ou encore ses aliments favoris.
- Partez des centres d'intérêt de votre enfant - Un enfant manifestera bien plus d'intérêt pour le PECS si le classeur contient des cartes de ses jouets, de ses plats ou de ses activités préférées.
- Dessins ou vraies photos - Le PECS s'utilise aussi bien avec des illustrations qu'avec de vraies photos. La meilleure méthode pour savoir ce qui lui correspond le mieux est de créer quelques images familières sous les deux formats (dessins et photos réelles). Observez ensuite avec quel support votre enfant préfère communiquer.
- Choisissez la disposition du PECS - La manière dont vous disposez les cartes PECS dépend de la patience de votre enfant, de sa compréhension et du fait d'instaurer ou non un emploi du temps visuel avec les cartes. Si vous créez un planning, celui-ci devra être installé à un endroit facile d'accès.
Voici d'autres façons de présenter et ranger les cartes PECS :
- Dans un classeur de rangement
- Plastifiées et reliées par un anneau porte-clés
- Sur un tableau de planning avec du Velcro
- Dans un livre de communication (comprenant de longues bandes Velcro pour composer des phrases avec les cartes)
Pour découvrir le témoignage d'un parent sur la personnalisation du PECS, lisez Personnaliser un système de communication par échange d'images pour votre enfant
Les comportements d'autostimulation (stimming)
L'autostimulation est un signe caractéristique de l'autisme. Mais les personnes non autistes s'y adonnent également. L'autostimulation peut survenir chez toute personne anxieuse ou nerveuse, prenant la forme de se ronger les ongles, remuer les jambes, faire craquer ses doigts, etc. Bien que certaines personnes autistes adoptent ces mêmes gestes, chez l'enfant autiste, l'autostimulation se manifeste différemment car il est incapable de s'arrêter.
Un enfant avec autisme peut présenter les autostimulations suivantes :
- Se balancer d'avant en arrière
- Battre des mains (flapping)
- Sautiller
- Tourner sur soi-même
- Marcher sur la pointe des pieds
- Clignements d'yeux répétitifs
- Réorganiser ou aligner des objets
- Fixer les ventilateurs de plafond ou les lumières
- Renifler les personnes et les objets
- Lécher ou frotter des objets
- Répéter des mots et des phrases
Il est important de souligner qu'un enfant peut manifester un seul comportement ou plusieurs à la fois, chacun étant exécuté de manière répétée. Si la liste ci-dessus regroupe des comportements typiques d'enfants autistes, certains enfants présentent des autostimulations pouvant causer des blessures physiques.
Les comportements d'autostimulation pouvant entraîner des blessures comprennent :
- Se donner des coups ou se mordre
- Se cogner la tête
- Se gratter la peau excessivement
- Arracher ses croûtes ou gratter ses plaies
- Avaler de petits objets
Bien que la science ne cerne pas avec certitude les causes de l'autostimulation dans l'autisme, plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce comportement :
- Stimuler ou au contraire apaiser le système sensoriel
- Un moyen de s'adapter à un environnement inhabituel
- S'apaiser soi-même
- Manifester de la frustration
- Éviter certaines activités ou attentes
Bien que l'autostimulation de votre enfant puisse vous inquiéter, ce comportement n'a pas nécessairement besoin d'être réprimé, sauf s'il interfère avec ses apprentissages, provoque un isolement social, devient dangereux ou pèse lourdement sur les autres membres de la famille. Si ces manifestations vous préoccupent, il existe des solutions simples pour les accompagner.
https://www.youtube.com/watch?v=PfEExIDkJ8U
Comment accompagner les comportements d'autostimulation :
- Jouets sensoriels - Balles anti-stress, balles sensorielles, matières modelables, fidgets, etc.
- Écarter les problèmes médicaux - Certains soucis de santé comme les maux de tête, les otites ou les douleurs peuvent déclencher ou aggraver l'autostimulation. Parlez-en au médecin de votre enfant pour vous assurer qu'elle n'est pas causée par une affection médicale.
- Offrir un environnement calme - L'autostimulation s'amplifie en situation de stress. Veillez à éviter les situations où votre enfant risque d'être facilement submergé.
- Encourager l'activité physique - Les études démontrent que l'exercice physique libère les tensions et réduit l'autostimulation. Cela procure aussi une stimulation essentielle à ceux qui en ont le plus besoin.
- Enseigner l'autorégulation des émotions - Il s'agit d'aider l'enfant à exprimer ses émotions de façon positive plutôt que par l'autostimulation, en particulier lorsqu'elle conduit à des comportements d'automutilation.
Pour en savoir plus sur l'autostimulation, lisez Tout savoir sur le stimming chez les enfants autistes
Pour découvrir le regard d'un parent sur l'autostimulation, lisez l'article L'autostimulation et l'autisme
L'autostimulation orale
Tout comme les mouvements répétitifs fréquents chez les enfants autistes, l'autostimulation orale consiste à goûter, mâcher et/ou avaler des objets. Les enfants qui pratiquent l'autostimulation orale ont souvent dans la bouche des vêtements, des jouets, du papier, des balles sensorielles, des stylos ou crayons et d'autres objets inanimés.
Cependant, l'autostimulation orale comporte des dangers potentiels qu'il faut surveiller de près.
- De petits objets peuvent être avalés et provoquer des problèmes de santé
- Mâcher des objets durs peut endommager les dents
- Les objets peuvent présenter un risque d'étouffement

Si votre enfant a tendance à tout mâchouiller, il existe des moyens de canaliser ce besoin et d'éliminer les risques de blessure.
- Inspectez fréquemment les objets de la maison - Vérifiez régulièrement les jouets, les livres et les vêtements pour détecter d'éventuelles pièces manquantes ou traces de mastication.
- Proposez des en-cas à croquer - Pour répondre sainement aux besoins sensoriels oraux, proposez des en-cas fermes comme des céréales sans sucre, du granola, du pop-corn, des chips de légumes, des carottes, du céleri, des pommes, des fruits secs et des pâtes de fruits.
- Essayez les bijoux à mâcher - Bracelets, colliers et embouts de crayons spécialement conçus pour les enfants ayant des besoins sensoriels oraux.
- Redirigez l'attention - Si votre enfant commence à mâchouiller un objet non adapté, redirigez calmement son comportement vers un support sûr, comme des balles sensorielles ou des bijoux à mâcher.
- Proposez des boissons avec une paille - Boire à la paille peut combler le besoin sensoriel oral recherché par votre enfant.
Pour en savoir plus sur l'autostimulation orale, lisez l'article 5 conseils pour accompagner l'autostimulation orale
Troubles sensoriels
Les enfants autistes présentent couramment des signes de trouble du traitement sensoriel. On y distingue deux profils : l'évitement sensoriel (hypersensibilité) et la recherche sensorielle (hyposensibilité). Que votre enfant soit en recherche ou en évitement sensoriel, chaque profil manifeste des symptômes différents, bien qu'un enfant puisse présenter les deux à la fois.
Un enfant en évitement sensoriel peine à traiter les stimuli de son environnement et se sent rapidement submergé ; il est donc hypersensible à son environnement. Un enfant en recherche sensorielle est au contraire sous-stimulé par son entourage, ce qui l'amène à rechercher activement des stimulations sensorielles.
Symptômes du profil d'évitement sensoriel :
- Distrait par les bruits de fond (généralement imperceptibles pour les autres)
- Évite le contact physique (câlins et étreintes)
- Semble maladroit (se cogne dans les objets)
- Ne supporte pas les bruits forts
- S'effraie facilement face à des bruits forts et soudains
- Très difficile sur le choix des vêtements
- Évite la foule en raison du bruit ou de la possibilité d'être touché
Symptômes du profil de recherche sensorielle :
- Grande tolérance à la douleur
- Mâchonne des objets inanimés (autostimulation orale)
- Se tient trop près des autres
- Saute, court et se cogne volontairement contre les objets
- Ne mesure pas sa propre force
- Fait beaucoup de bruit
- Comportements d'autostimulation (se balancer, tourner sur soi)
- Explore le monde par le toucher
Synesthésie et autisme
La synesthésie est une particularité rare touchant 1 % de la population. Il s'agit d'une condition neurologique dans laquelle la stimulation d'un sens est perçue simultanément par un ou plusieurs autres sens. Bien que de nombreuses personnes naissent avec cette condition, il est également possible de développer une synesthésie plus tard dans la vie. Les premières recherches suggèrent que la synesthésie pourrait être héréditaire.
Les personnes synesthètes peuvent par exemple…
- Voir le mot « avion » en vert menthe
- Penser à un gratte-ciel et ressentir le goût des myrtilles
- Lire le chiffre deux tout en voyant du rouge
https://www.youtube.com/watch?v=88s6guf9egs
Bien qu'il n'existe pas de méthode spécifique pour diagnostiquer la synesthésie, le Dr Richard Cytowic, chercheur reconnu dans ce domaine, a mis au point des critères précis pour permettre aux médecins de déterminer si un enfant est synesthète.
Critères de diagnostic de la synesthésie :
- Involontaire - Les perceptions ne sont pas issues d'une réflexion active, elles surviennent spontanément.
- Projetée - Au lieu de voir une couleur dans son « œil intérieur », la personne perçoit réellement la couleur à l'extérieur de son corps.
- Durable et générique - Les perceptions doivent rester constantes à chaque fois. Par exemple, quand une personne entend un morceau précis, elle ressent systématiquement un goût de chocolat.
- Mémorable - La perception synesthésique est plus facile à retenir que la perception initiale. Par exemple, si quelqu'un associe le prénom « Laura » à la couleur violette, il se souviendra du violet plutôt que du prénom « Laura ».
La recherche met aujourd'hui en évidence un lien entre l'autisme et la synesthésie. Les personnes à la fois autistes et synesthètes font état d'une sensibilité sensorielle accrue. D'autres travaux indiquent également que la synesthésie a tendance à se manifester chez les personnes autistes qui possèdent d'excellentes aptitudes en mémoire, en art, en calcul, ainsi qu'un niveau d'intelligence élevé.
Bien que la synesthésie ne pose aucun problème pour l'enfant, si vous pensez que votre enfant est synesthète, il est important d'obtenir un diagnostic afin de mieux comprendre sa perception du monde en lien avec son autisme.
Pour en savoir plus sur cette particularité, lisez l'article Y a-t-il un lien entre synesthésie et autisme ?
Aversions alimentaires et autisme
Le fait d'être difficile avec la nourriture est courant chez les enfants. Mais chez les enfants autistes, cette sélectivité se transforme en véritables aversions alimentaires. Les recherches montrent que les enfants autistes sont cinq fois plus susceptibles d'avoir un choix d'aliments très restreint, de faire davantage de crises au moment des repas et d'adopter des rituels stricts pour manger. L'Autism Parenting Magazine rapporte que les enfants autistes limitent souvent leur alimentation à moins de cinq aliments différents.

Bien que la cause exacte des aversions alimentaires dans l'autisme demeure inconnue, on soupçonne que des difficultés sensorielles liées à la nourriture soient en cause. Les aliments aux couleurs vives peuvent provoquer une surcharge sensorielle, incitant à éviter complètement certains légumes comme les poivrons. La texture de certains aliments peut également entraîner une aversion. Par exemple, un enfant peut refuser les pâtes parce qu'il n'apprécie pas la sensation des nouilles humides.
Les aversions alimentaires représentent un véritable défi pour les parents d'un enfant autiste. Même si votre enfant se montre extrêmement sélectif dans ses choix alimentaires, il existe des mesures que vous pouvez mettre en place pour lui faire découvrir de nouveaux aliments et élargir son répertoire alimentaire.
5 conseils pour introduire de nouveaux aliments
1. Ne forcez pas
N'essayez pas de convaincre votre enfant de « finir son assiette ». Cela ne ferait qu'aggraver ses aversions alimentaires. À la place, chaque fois que vous introduisez un nouvel aliment, déposez-le simplement dans l'assiette et laissez votre enfant décider d'y goûter ou non.

2. Ne mélangez pas les aliments
Les plats mélangés peuvent provoquer une surcharge sensorielle. Cette surcharge ne fera qu'engendrer des aversions alimentaires et des crises à table. Pour éviter cela, séparez bien chaque aliment. Par exemple, si vous préparez des pâtes avec des brocolis, du fromage et du poulet, séparez chaque ingrédient. N'essayez pas de « cacher » des aliments dans l'espoir que votre enfant ne s'en aperçoive pas.

3. Associez nouveautés et plats préférés
Associez toujours un nouvel aliment à l'un des mets favoris de votre enfant. Si vous souhaitez introduire les haricots verts, servez-les avec ce qu'il préfère, comme des nuggets de poulet. Cela donnera à votre enfant le choix de goûter ou non aux haricots verts, tout en vous assurant qu'il mange lors du repas.

4. Mangez vous-même ce nouvel aliment
Les enfants autistes apprennent mieux par le visuel. Montrez à votre enfant que ce nouvel aliment est bon en le dégustant vous-même. Avec le temps, votre enfant vous verra savourer ce nouvel aliment à maintes reprises et aura peut-être envie d'en manger à son tour.

5. Laissez-le explorer
Plutôt que d'empêcher votre enfant de toucher à sa nourriture, encouragez-le ! Pour les enfants ayant des particularités sensorielles, le jeu est la clé pour apprivoiser de nouveaux aliments. Permettez à votre enfant de goûter, sentir et manipuler les aliments pour s'y habituer.
En savoir plus sur les aversions alimentaires et l'autisme
Ressources, livres et magazines sur l'autisme pour les parents
Autism Parenting Magazine
La ressource incontournable pour les parents d'enfants autistes, Autism Parenting Magazine, nous a récemment mis à l'honneur dans sa rubrique Helpful Links ! Être recommandé par cette référence reconnue pour aider les parents d'enfants sur le spectre de l'autisme est un véritable privilège. Pour découvrir encore plus de pistes et de ressources face à ce trouble complexe, consultez également Autism Resources for Parents – The Ultimate New Guide.
Cartes et images professionnelles PECS GRATUITES
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National Autism Resources
Découvrez des ressources pour le matériel sensoriel et la classe.
Autism Speaks
Organisme de référence pour toutes les informations relatives à l'autisme.
Conclusion
Le trouble du spectre de l'autisme est un diagnostic complexe. Il n'existe pas de cause unique et chaque enfant présente des symptômes et des niveaux de sévérité très variables. Cela rend le rôle parental auprès d'un enfant autiste particulièrement exigeant au quotidien.
Les enfants autistes ont besoin de temps supplémentaire pour grandir à leur propre rythme, épaulés par des médecins, des thérapies adaptées, des outils efficaces, et des parents aimants et patients comme vous ! Si vous pensez que votre enfant pourrait être autiste, un diagnostic précoce est fondamental. Plus les signes et les symptômes de l'autisme sont repérés et diagnostiqués tôt, plus vite votre enfant pourra bénéficier des thérapies nécessaires pour s'épanouir et développer tout son potentiel !
Par Liz Talton